Salomé, 35 ans
à proximité d’Annecy
« Les animaux ont toujours eu une place spéciale dans ma vie. Que ce soit dans un premier temps à la maison avec poisson, cochon d’Inde, chien, lapin et même reptile, puis par la suite à l’extérieur à travers ma pratique de l’équitation dès l’âge de 7 ans. Déjà à l’époque, notre façon d’interagir était fluide et subtil : en un regard, un mouvement, ils me comprenaient, je les comprenais. Je devinais comment l’animal interagissait avec moi par ses postures de corps, ses expressions faciales et j’adoptais plus ou moins intuitivement tel ou tel comportement, en réponse à ce que j’avais compris et en m’adaptant sans cesse à ses réactions. Il ne manquait plus que la parole…

Après un parcours scolaire atypique (2 collèges et 3 lycées) à travers la France avec mon père et mon frère, et un parcours professionnel tout aussi inhabituel en passant par différentes carrières professionnelles : je décide de tout arrêter à l’âge de 24 ans avec un rêve en tête. Je souhaite devenir : Soigneur Animalier Plongeur.

S’ensuit 2 années à plonger et étudier, pour réussir par la suite à rentrer dans un Parc Zoologique et Aquarium. J’ai fait de ma vie un rêve devenu réalité en travaillant avec des animaux merveilleux tels que les otaries, les manchots, les pumas, les lamantins, les raies, les requins…
Dans l’eau je me retrouve, je suis dans mon élément, je ne fais qu’un avec cet élément. Je suis dans ma bulle, cette bulle que je respire à l’aide de mon détendeur et de ma bouteille. Dans l’eau, le rythme cardiaque ralentit, tu entends ta respiration. Il était aussi facile pour moi de ressentir les émotions des animaux qui m’entouraient, les entendre manger, les entendre communiquer…
Au-delà de ces émotions, ces rencontres animalières ont été pour moi une évidence. Je sentais que celles-ci n’étaient pas simplement physiques (liées au contact des animaux) mais que quelque chose d’autre se produisait au niveau spirituel : une certaine connexion se créait. Les animaux sauvages ont une force différente qui vous envahit de l’intérieur. C’est une autre relation à l’animal qui bouscule les frontières et les positionnements.
En parc j’animais des événements de rencontre avec des groupes d’une dizaine de personnes pour des instants privilégiés avec les animaux (mammifères marins essentiellement) dans le cadre de la découverte de l’animal. Ces moments, pour la plupart partagés avec des enfants, resteront pour moi les meilleurs instants que j’ai pu avoir en Parc zoologique. La joie et l’amour de l’humain en leur présence étaient palpables : il se passait quelque chose, quelque chose d’agréable à vivre mais ce dont je n’avais pas encore pleinement conscience.
Après 5 ans en milieu captif, entre zoo et aquarium, je suis partie faire un périple spirituel au Cambodge et en Thaïlande. J’ai rencontré des gens formidables, dont une personne en particulier, Gaëlle, qui a été la première à me parler de la communication animale. Comme je l’ai expliqué, au-delà de la compréhension des postures animales, il ne manquait plus que la parole. La parole au sens large puisque la communication animale peut être perçue de différentes manières.
En rentrant en France je ressentais le besoin d’aller plus loin, je me suis donc formée avec une personne extraordinaire, cette personne a su m’ouvrir une autre compréhension de l’intelligence des animaux, de leur adaptation aux situations inhabituelles, ainsi que de leur capacité à appréhender des sentiments et à les exprimer.

Un bouddhiste, Chögyan Trungpa, enseigne : « Il faudrait envisager le donner-et-recevoir comme un échange naturel, quelque chose qui se produit tout simplement ».
Après l’enseignement que j’ai reçu, j’ai pris conscience que je pouvais apporter mon aide aux humains et aux animaux : je donnais. Il fallait maintenant que j’apprenne à recevoir.
Recevoir quand on donne beaucoup à autrui, est tout un processus d’apprentissage, et me concernant il était extrêmement difficile de recevoir. Celui ou celle qui donne, donne et donne encore, veillant à ne se recharger que par lui-même, repousse la réalisation de ce qu’il désire ou de ce à quoi il aspire, sous prétexte qu’il ne doit accepter de recevoir qu’en cas de dernière nécessité ou qu’il ne veut rien devoir aux autres.
Maintenant que la porte était ouverte, il me fallait découvrir comment ne pas la refermer. Je suis donc repartie en Thaïlande 1 an après, pour faire le voyage de ma vie : un voyage initiatique avec les éléphants.

Les éléphants sont les gardiens de l’Univers, ils ont une force, un cœur, une sagesse immense. Rien que de l’écrire me donne des frissons. Lorsqu’un éléphant vient à vous en tant qu’animal spirituel et guide, le message est généralement celui de la connectivité. C’est ce qu’il m’est arrivé 6 mois avant de partir en Thaïlande pour les voir. J’en voyais absolument PARTOUT. Dans le métro, sur les pubs de mon ordinateur, sur les bus, en dessin, en peluche dans les magasins, absolument PARTOUT. C’était un appel. Une réalisation à faire sur moi, avant le grand saut de ma vie.
Durant ce voyage avec les éléphants, j’ai appris à soigner les blessures, à dénouer les blocages : ils m’ont appris à guérir, à faire le don de soi, mais aussi à RECEVOIR, recevoir de l’aide, recevoir du soutien, recevoir de la compassion, recevoir de l’AMOUR.
La communication animale a été pour moi et mes animaux une révélation, une ouverture au monde du vivant, une réalité où les animaux ont tant à nous apporter.
Plus tard, mon fils est arrivé dans ma vie. Comme avec les animaux, j’ai appris à me connecter à lui, d’abord par une communication universelle, semblable à celle que j’avais développée avec les animaux. J’ai ressenti que son arrivée allait enrichir ma vie et me transformer. Mon fils m’a guidé vers un renouveau, non seulement sur le plan personnel, mais aussi sur votre plan pour vous accompagner. Chaque jour, il m’invite à affiner mon intuition, à ressentir ce qu’il a à me dire.
En tant que maman, j’ai découvert l’importance d’écouter ses pleurs, non pas comme des simples manifestations de besoin, mais comme des expressions profondes. À travers lui, j’ai appris à interpréter ces signaux, à développer une intuition plus fine et à créer un lien plus fort. Cela m’a inspiré à accompagner d’autres parents dans cette démarche, à les aider à comprendre les besoins de leur bébé, à cultiver une intuition partagée.

Je suis convaincue que chaque parent peut établir cette connexion unique avec son enfant, tout comme j’ai pu le faire avec les animaux tout au long de ma vie. »
Salomé